Interview Alexandre Nicaud - ESMOD PARIS, Promo 2010

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Quel a été ton parcours avant d’intégrer ESMOD ? As-tu toujours eu en tête de travailler dans la mode ?

 
La mode est arrivée très tard dans ma vie. La route fût bien longue et aux allures de montagnes russes. Depuis tout gamin je dessine et crée tout un tas de choses. J’avais un gros esprit bricoleur, j’étais intéressé par tout ce qui avait une fonction, un mécanisme, un principe d’action. C’est ma première approche avec le design et celle-ci restera enfouie pendant un bon bout de temps car, comme tout ado, on se rend compte un jour de la barrière entre les rêves et la réalité de la vie.
Je m’oriente alors  dans des études de biochimie qui se sont avérées bien trop techniques pour moi.

Il me fallait le Bac donc je me réoriente sur des études de comptabilité, qui bien loin du glamour me sont très utiles aujourd’hui.
 C’est à cette époque que je me mets au kitesurf que j’ai pratiqué par la suite pendant dix ans à haut niveau. Pendant cette période mon goût pour le graphisme se développe, je me lance alors dans des études de designer graphique.

Je voyage beaucoup et rencontre beaucoup de shapers de planche et apprends avec eux les techniques de lamination, l’utilisation de résines, de peintures ; j’utilise ma première machine à coudre pour réparer les voiles … l’idée de me lancer dans le design d’objet commence à trotter mais le désir de mouvement, de relation avec le corps prend le dessus, j’ai 26 ans je pousse les portes d’Esmod Paris. 
 

Revenons sur ta scolarité à ESMOD : Quel genre d’élève étais-tu ? Quels sont tes meilleurs (ou pires) souvenirs ?

 
Quand je suis arrivé, j’étais un élève plutôt effacé, je manquais sûrement un peu d’objectifs pour l’avenir. L’équipe d’Esmod a su, en me donnant ma chance, me donner le coup de boost nécessaire pour commencer la spécialisation Accessoires.

Mes plus beaux souvenirs se trouvent là, dans le fait de se voir capable de réaliser ses projets, de se réaliser soi-même, et tout cela je le dois en grande partie à mes professeurs qui sont maintenant des amis et des soutiens précieux.   
 

Qu’est-ce qui fait la spécificité d’ESMOD, ses points forts, selon toi ?

 
La spécificité principale c’est le melting pot. Vous ne trouverez personne avec des envies, des capacités et des visions identiques. Cela ouvre l’esprit et te permet d’éclaircir ta propre vision de la mode mais aussi de ton avenir dans le métier.
 Son principal point fort est là, à condition bien évidement de s’y ouvrir, car en sortant d’Esmod, on se rend bien compte que nous sommes partout et que, en restant bien ouvert à l’autre, il y aura toujours un Esmodien prêt à en aider un autre. Esmod est un réseau incroyable, par les gens qui en sortent ou par ses partenaires.
 

Raconte-nous ton parcours professionnel après ESMOD, tes fonctions et responsabilités, passées et actuelles

 
Après Esmod, je voulais absolument retourner vers le vêtement féminin et comme beaucoup je cherchais à rentrer dans une grande maison ; ça fait rêver. Mais finalement je change d’optique, j’ai donc commencé par faire un stage chez Irié Wash, créateur japonais ancien assistant de Kenzo. Super expérience car nous n’étions que deux dans le studio ; je me suis laissé confier des tâches importantes. Ils ont eu une réelle confiance en moi et j’y ai appris énormément.

Par la suite, en parallèle de quelques boulots en freelance, l’idée d’une marque commençait à germer mais j’avais en tête d’avoir un truc diffèrent des autres créateurs, une autre approche, une autre technique. Je commence à toucher à tout : le design 3D, l’utilisation de polymères, la broderie…  Je travaille sur mes propres procédés de fabrication, sur des pièces coutures. Les valises et la tête pleine de nouvelles idées, je me lance et crée ALEX ALTO, une marque de prêt à porter luxe femme dont la première collection capsule est sortie en mars 2015.
 

Qu’est-ce qui t’a motivé à lancer ta propre marque ? Es-tu confiant dans le marché actuel ?

 
C’était avant tout un besoin, c’est hyper personnel et casse gueule, mais je me suis dit que c’était le moment ou jamais. Aujourd’hui j’ai vraiment l’impression qu’il se passe un truc avec la jeune création, cela faisait des années que l’on n’avait pas vu de jeunes créateurs faire des ascensions aussi fulgurantes sur le marché. Les grands groupes s’y intéressent, il leurs font confiance soit en les épaulant sur leur propre marque soit en les nommant à la tête de maisons établies. Le principal est de garder en tête que c’est un business, on ne fait plus de la mode comme il y a 20 ou 30 ans, on ne consomme plus de la même façon.
 
 

Un petit mot de ton univers personnel… ce qui t’inspire et ce qui a inspiré ta marque…  

 
Mon univers personnel est un mix entre des coupes plutôt minimalistes et le travail de la matière, tout comme l’intégration de bijoux sur le vêtement. Il y a toujours une idée d’accessoires dans la façon de travailler, par la technique ou la présence de détails. Les inspirations ne sont jamais volontaires, je ne les retrouve en général que lorsque la pièce est finie, c’est d’ailleurs très amusant parfois,  mais je suis toujours inspiré par une texture, un aspect, un touché particulier ou une technique au démarrage plus que par une histoire. Jje pense que celle-ci s’écrit au fil du temps. 

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ALEX ALTO
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Crédits Photos : Insolance collective

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