Interview Croisée - Eunsong Yoo & Julien Couston - ESMOD Lyon, Séoul et Paris, Promo 2011 et 2012

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Quelle est votre Promo ?

J : -On est sortis de la Promo 2011 (spécialisation Homme) pour moi et 2012 (spécialisation Nouvelle Couture) pour EunSong après avoir respectivement passé 2 ans à ESMOD Lyon et 2 ans à ESMOD Séoul.
 

Quels ont été vos parcours respectifs avant d’intégrer ESMOD ? avez-vous toujours eu en tête de travailler dans la mode ?

ES : -Avant d’intégrer ESMOD, moi j'ai quand même toujours voulu être styliste et j'ai toujours dessiné plein de robes sur des petits cahiers quand j'étais petite. J'essayai toujours de créer des nouveaux styles avec les vêtements que je portais, de trouver des vêtements originaux que je pouvais me permettre d'acheter... Mon but c'était vraiment de travailler dans la mode parce que c'est un moyen de s'exprimer. Et pendant longtemps j'ai voulu faire mes études à Paris aussi. J'ai travaillé et économisé plusieurs années pour pouvoir rentrer à Esmod et réaliser mon rêve.

J : -Pour moi c'était un peu différent. Je ne me suis pas du tout soucié de la mode jusqu’au lycée : j'ai passé un Bac "Arts Appliqués" qui englobait le design, l'histoire de l'art et l'art plastique. Je voulais plutôt être designer d'objet mais j'ai changé d'avis au dernier moment quand j'ai vu qu'a ESMOD on apprenait le stylisme ET le modélisme.
C'est le modélisme qui m’intéressait le plus parce que c'était totalement nouveau pour moi. Le modélisme, couplé au stylisme, permet de participer à l'ensemble du processus de création (idée/dessin/patronage/montage), ce qui n'est pas toujours possible avec le design d'objet et c'est ça qui m'a vraiment décidé.
Le jour de la rentrée de ma première année ESMOD, je ne connaissais rien à la mode et j'avais bien l'intention de me rattraper le plus vite possible.
 

Revenons sur votre scolarité à ESMOD : Quel genre d’élève étiez-vous ? Quels sont vos meilleurs (ou pires) souvenirs ?

ES : -Je crois qu'on était tous les deux des élèves super-motivés et on a beaucoup travaillé.
J : -EunSong était déjà assez talentueuse et avait déjà trouvé plus ou moins son style (qui a bien changé quand même pendant toute sa scolarité). Moi je suis parti de zéro et j'ai essayé pendant trois ans de rattraper mes amis qui eux étaient très bons. C'était très motivant d'apprendre aussi des autres élèves. On s'encourageait tous entre nous et on s'entraidait beaucoup.

ES : -Il n'y a pas eu de "pire" souvenirs parce que même si on a travaillé dur, c'était toujours dans l'envie de montrer un travail qui nous ressemble vraiment et on voulait toujours perfectionner nos dossiers. Je me rappelle quand même que pendant 2 ans à ESMOD Séoul, j'ai fait des petits boulots après les cours et que quelques fois c'était difficile de tout enchaîner. Mais quand j'y pense maintenant, il ne reste que des bons souvenirs.

J : -Pour moi, le meilleur souvenir c'est quand je suis allé au défilé d'ESMOD Lyon pour voir mes amis qui présentaient leurs collections de fin d'année et qu'ils ont reçus tous les Prix du Jury Lyonnais. C'était une semaine après la présentation de fin d'études d'ESMOD Paris, à laquelle j'avais moi-même reçu le Premier Prix du Jury, et le fait de voir le travail de notre groupe d'amis couronné de succès m’a vraiment fait plaisir.

 
Qu’est-ce qui fait la spécificité d’ESMOD, ses points forts, selon vous ?

ES : -Le point fort d'ESMOD c'est qu'il y a des écoles un peu partout dans le monde, et que les élèves de Séoul ou d'autres grandes villes peuvent suivre des cours d'une grande école Française. Mais même si on suit tous le même cursus scolaire, chaque ESMOD à sa personnalité et j'ai pu apprendre des choses différentes à ESMOD Séoul et ESMOD Paris. J'ai aussi eu de bons rapports avec les professeurs et j'ai beaucoup appris grâce à eux. Je suis toujours en contact avec eux et je sais qu'ils travaillent dur pour aider leurs élèves (et leurs anciens élèves!)
J : -Oui et le fait qu'il y ait beaucoup d'écoles ESMOD dans le monde permet un certain "brassage" et les classes sont assez mixtes avec des élèves de toutes les nationalités. C'est un énorme plus car la mode est internationale et le fait de croiser des élèves des quatre coins du monde permet de s'ouvrir et d'apprendre énormément de choses sur les autres cultures.
Je reviens sur ce point, mais la spécificité d'ESMOD, c'est aussi d'enseigner autant le stylisme que le modélisme, ce qui n'est pas le cas dans les autres écoles de mode. Car même si le métier de styliste est très différent de celui de modéliste, en sortant d'ESMOD, toutes nos connaissances en modélisme nous servent énormément en tant que styliste.
 

Racontez-nous votre parcours professionnel après ESMOD, vos fonctions et responsabilités…

J : -Directement après la fin de ma 3eme année à ESMOD Paris, j'ai fait un stage de 6 mois chez Andrea Crews. Comme c'est une petite structure, j'ai eu l'occasion de toucher à tout : production, développement de modèles, patronage, stylisme, book commerciaux, commande de matières... J'ai ensuite été embauché et j'ai eu l'opportunité d'apprendre le style "Système D" et d'être très créatif, de perfectionner les collections saisons après saisons et d'installer avec mes collègues quelques nouveaux standards Andrea Crews.
Après un bref passage de quelques mois chez Delphine Delafon, chez qui je travaillais en parallèle d'Andrea Crews, j'ai ensuite voulu travailler pour une marque de vêtements masculins plus institutionnelle et prêt-a-porter et j'ai donc travaillé comme assistant styliste chez Chevignon, qui opérait alors un virage plus pop et moins classique que les dernières années, avant de passer ensuite Styliste Junior. Je suis aujourd'hui styliste chez Lacoste chez qui j'ai la chance de travailler sur toutes les familles de produits.

ES : -Après ESMOD, j'ai fait un stage de 6 mois chez Pascal Millet chez qui j'étais modéliste et assistante styliste. J'ai beaucoup appris pendant ces 6 mois grâce à deux de mes collègues qui étaient d'anciens élèves d'ESMOD Paris.
Après mon stage, j'ai remplacé Julien chez Delphine Delafon chez qui je travaille toujours et j'ai continué en parallèle a travailler de temps en temps en tant que styliste pour Pascal Millet.
Chez Delphine Delafon j'ai d'abord commencé comme Styliste / Modéliste et j'avais la mission de développer une ligne de vêtements sur-mesure.Je suis ensuite passé à l'atelier de fabrication des sacs sur-mesure et j'ai pu travailler sur beaucoup de cuirs et serpents différents. J'ai ensuite été en charge de développer les nouvelles collections de sacs, toujours en étant à la fois styliste et modéliste, et je suis maintenant chef d'atelier et je gère une petite équipe de 3 personnes. En parallèle, je suis également Correspondante Parisienne depuis 2013 pour le magazine Grazia Korea qui me charge de couvrir les défilés des Fashion Week de Paris.
 

Qu’est-ce qui vous a motivé à monter votre marque ?

 J : -On a créé avec EunSong notre marque en été 2014, mais pratiquement par hasard...

ES : -En fait, le petit frère de Julien a acheté une machine pour faire des impressions sur T shirts, et j'ai voulu imprimer pour moi un Tshirt "JE SUIS CORÉENNE" car j'en avait marre que les Français pensent que je suis Chinoise. C'est assez vexant quand on est dans un pays étranger et que tout le monde prend l'ensemble des Asiatiques pour des Chinois. Il y a beaucoup de cultures différentes en Asie et les Chinois sont très différents des Coréens, des Thaïlandais etc...

J : -On a donc imprimé une dizaine de Tshirts "JE SUIS CORÉENNE" et assez rapidement, on a eu des demandes de nos amies Coréennes à Paris qui voulaient nous acheter ce modèle. On a donc tout vendu et avec l'argent des ventes on a produit le double de Tshirts qu'on a également vendu etc. Quelques boutiques et select shops Coréens nous ont ensuite contactés en nous demandant notre lookbook et c'est comme ça qu'on a commencé à proposer d'autres imprimés, notamment les imprimés "LUNDI", "MARDI"...  qui sont devenus notre marque de fabrique. 

ES : -Mais c'est vrai qu'on essayait toujours de créer quelque chose ensemble, on a travaillé ensemble pour le concours Podium Jeunes Stylistes, pour le concours de Dinard... Et juste avant de créer OUI Paname, on pensait encore faire une collection beaucoup plus "couture" pour participer à un autre grand concours. Mais avec nos Tshirts, on a piqué la curiosité de certains de nos amis et ça nous plait beaucoup maintenant de faire des modèles très simples et colorés.
Enfait, pour répondre vraiment à la question qui nous est posée : ce qui nous a motivé à créer notre marque c'est nos amis qui ont voulu acheter nos Tshirts et qui ont eu envie de les porter!
 
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le concept OUI PANAME ?

ES : -Le concept est assez simple en fait. On veut faire découvrir la culture Française et la culture Coréenne par le biais de vêtements faciles à porter, a des prix les plus abordables possibles...
En France, les clients aiment le fait que c'est une marque Coréenne, en Corée, les clients aiment le fait que ce soit une marque Française. Mais OUI Paname est vraiment les deux à la fois.

J : -Pour nous, c'est assez important d'utiliser des mots Français ou Coréens pour nos imprimés, et d'utiliser des références Françaises ou Coréennes. Car la France est un des pays les plus reconnus au monde culturellement, et la Corée s'exporte culturellement de plus en plus ces dernières années, par le biais de films, de la gastronomie, et de manière plus pop par le biais de dramas, de musique, etc. C'est une chance énorme pour nous de pouvoir relayer nos deux cultures très différentes et très complémentaires et même de les mélanger.
ES : -Il y a aussi l'idée de toujours proposer quelque chose d'amusant, de ludique, de coloré et positif. Personnellement, j'aimerai qu'un jour, OUI Paname devienne "la marque du bonheur". 
 

Etes-vous confiant dans le marché de la mode actuel en France ? à l’étranger ?

J : -Honnêtement, je crois que le mieux c'est de ne pas y penser. Depuis toujours on entend que c'est la crise et que tout le marché de la mode est bouché. Mais au final, avec EunSong on s'efforce juste d'avancer et on reste toujours positif : si les clients aiment nos produits et notre "philosophie" ils nous suivront. 

ES : -Si on n’est pas confiant, alors on ne fait rien. Nous ce qui nous motive c'est de créer des imprimés, créer de nouveaux modèles, construire notre marque, la développer... Comme on a commencé avec un investissement financier qui équivaut à dix Tshirts, on ne peut qu'aller de l'avant et on n’a rien à perdre.

J : -Après on s'investit personnellement, ça nous prend du temps et de l’énergie, mais je crois qu'avec EunSong, c'est justement ce qu'on aime chez OUI Paname.
Pour ce qui est de "en France / à l'étranger ?", on prévoit de déménager et de s'implanter très prochainement en Corée car je pense que là-bas, les possibilités pour développer notre marque sont plus grandes et on veut vraiment donner toutes ses chances à OUI Paname.

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