Interview croisée : Flora Chabaud, Cem Cinar et Nathanaël Lafitte

De passage au Salon Designers Appartment, qui se tient dans les ateliers Richelieu, nous avons croisé quelques-uns de nos anciens élèves. Parmi eux, Flora Chabaud (promo 2012), Cem Cinar (promo 2012) et Nathanaël Lafitte (promo 2014) qui travaillent tous trois pour la marque Y PROJECT. L’occasion de faire une interview croisée de ces parcours éclectiques qui se retrouvent autour d’un même projet et d’un univers commun.

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Cem, Flora et Nathanaël sur le stand Y Project, au salon Designers appartment

 

Quel a été le parcours de chacun avant d’intégrer ESMOD ? La mode a-t-elle toujours été votre credo ?

Flora Chabaud : Pour ma part, j’ai passé un BAC L sans avoir aucune intention de travailler dans la mode. J’ai décidé de suivre cette orientation sur un coup de tête, après une discussion avec ma belle-sœur qui m’a donné envie d’étudier la mode.
Cem Cinar : Moi j’ai fait 1 an d’études de Design au ArtEZ Institute of the Arts d’Arnhem (l’école où a étudié Iris Van Herpen). Puis j’ai décidé de poursuivre ma formation en France et c’est vers ESMOD que je me suis tourné.
Nathanaël Lafitte : Après mon Bac S, j’ai fait 1 an à l’ESAG Penninghen. Mon intérêt pour la mode s’est déclenché assez tard mais je pense que ça a toujours été en germe en moi.
 

Votre expérience à ESMOD, c’était comment ? Vos meilleurs (ou pires) souvenirs ?

FC : J’étais une élève assez introvertie mais je m’éclatais quand même pas mal, surtout en modélisme, matière qui me plaisait vraiment, contrairement au stylisme où j’étais plutôt à la traine. Mes meilleurs souvenirs se portent bizarrement sur les moments de rush, les nuits blanches pour terminer un projet. Je crois que j’aimais bien ces chalenges. J’ai un excellent souvenir aussi de mon boulot chez Balmain pendant ma scolarité, c’était vraiment une excellente expérience.
CC : J’ai passé 3 années superbes. Pour ma part je préférais le stylisme au modélisme.  Moi aussi je travaillais pendant ma scolarité, chez Rick Owens. C’est l’avantage d’avoir cours sur des demi-journées, ce qui nous laisse du temps libre pour ces expériences professionnelles.
NL : Pour le coup, moi j’aimais les 2, stylisme et modélisme !  Par contre j’avoue que les demi-journées, comme j’avais cours le matin, c’était dur (rire). Mais je me rattrapais beaucoup dans mon investissement dans mon travail personnel.
 

C’est quoi les points forts d’ESMOD selon vous ?

FC : Les relations avec les professionnels qui nous sont très utiles tout au long de notre scolarité. L’occasion d’être habilleurs pour les défilés, les stages obligatoires, etc.
CC : ESMOD nous rend très vite indépendant dans notre travail, ce qui est vraiment important dans la profession car, si tu n’es pas capable de prendre des initiatives, tu n’iras pas bien loin dans le métier.
NL : c’est un peu tout ça oui, mais j’ajouterai aussi la chance de travailler dans un cadre exceptionnel et dans une ambiance énergisante.
 

Comment ça s’est passé pour vous à la sortie d’ESMOD ?

FC : forte de mes expériences chez Balmain pendant ma deuxième et ma troisième année, j’ai été prise, par contact, chez Y Project dans le développement produit.
CC : après mes expériences chez Rick Owens et Gareth Pugh en deuxième et troisième année, j’ai commencé à travailler sur l’objet d’art. J’ai d’ailleurs fait une exposition à Paris. Ensuite, grâce à un contact chez Rick Owens, je suis entré chez Y Project en tant que directeur commercial.
NL : J’ai rencontré Cem lors des jurys de fin d’année. Il m’a proposé le poste d’assistant commercial pour la marque. J’ai un peu hésité mais, pour une première expérience, ça me semblait assez enrichissant. J’ai donc accepté. Par la suite, je n’exclus pas de créer ma propre marque, mais j’ai bien le temps d’y penser.  
 

Un petit mot de vos univers personnels, vos sources d’inspiration…

FC : j’aime beaucoup les vieux objets, l’idée d’une chose qui traverse le temps, le vêtement éternel. Du coup j’adore faire les puces pour dénicher ce genres de pièces qui m’inspirent. Côté créateur, j’aime la mode unisex de Rad Hourani, son usage du cuir par exemple.
CC : Mon univers est assez dark. Pas étonnant que j’ai aimé travailler chez Rick Owens. J’aime le cuir, les matières brutes, les tissus rigides. Il y a aussi un artiste américain qui m’inspire beaucoup, Banks Violette, qui travaille sur l’objet en jouant sur sa matière, sa déconstruction, ses contrastes.
NL : Mon univers est plutôt casual, la culture Hip Hop, le basket, etc. Mon style c’est le mix du bourgeois avec le mauvais garçon. Mais ce qui m’inspire avant tout, c’est la musique.
 

Pour finir, pouvez-vous nous parler de l’univers de la marque Y PROJECT ?

CC : Y PROJECT, c’est une marque qui est née il y a 5 ans de l’initiative de Yohan Serfaty. Le créateur cherchait à inventer, presque pour lui-même, un vestiaire qui cache son corps, un corps qu’il rejetait, à travers des lignes droites, structurées. Les matières choisies étaient toutes naturelles : coton, laine, cuir, etc et recevaient des traitements souvent expérimentaux afin d’obtenir des effets inédits.
Depuis la mort du créateur en 2013, Glenn Martins, son premier assistant, a pris la tête de la création et cherche à donner à la marque un élan de jeunesse et de vie tout en gardant le même esprit dans les lignes. Le vêtement se fait plus confortable, les volumes se développent et les matières techniques font leur entrée dans les collections. Inscrite au calendrier de la Fashion Week Homme, la marque s’ouvre désormais à la Femme.
 

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