Interview d' Anna LE REUN

Anna LE REUN – ESMOD Rennes & Roubaix – Promo 2008
 

Quel a été ton parcours avant d’intégrer ESMOD ? As-tu toujours eu en tête de travailler dans la mode ?

Non, je dois avouer que je n'avais pas vraiment l'idée de travailler dans la mode, même si je faisais tous mes vêtements, bijoux et sacs pendant mon lycée. Je ne m'intéressais pas trop aux tendances et aux magasins. Avec ce besoin de créer quotidiennement, je pensais essayer les Beaux-Arts après mon Bac littéraire. Et puis j’ai rencontré la Directrice d'ESMOD Rennes qui m'a montré la mode comme "Art du vêtement". Je suis rentrée à ESMOD Rennes pour d'apprendre tout ce que je pouvais, pour ensuite utiliser ces connaissances à ma manière, avec comme idée le costume de théâtre, ceci étant une passion depuis longtemps.

 

Revenons sur ta scolarité à ESMOD : Quel genre d’élève étais-tu ? Quels sont tes meilleurs (ou pires) souvenirs ?

Je crois que j'étais une bonne élève : j'ai beaucoup travaillé, passé beaucoup de nuits blanches, et j'ai toujours rendu à l'heure. Ma bête noire en 1ère année était le dessin. J'étais partagée entre un dessin joli et facile à lire, à interpréter et l'envi d'un dessin différent. Point de vue modélisme, j'ai tout de suite aimé ça. C'était un jeu, avec des règles (celles du corps), des contraintes (ses mouvements et son aisance) et tellement de possibilités ! Il était inimaginable de penser un jour être styliste/créatrice sans être modéliste, la création est un tout ! En 3ème année, j'ai finalement été à Roubaix, en spécialité femme, afin de développer le concept  de ma future marque : Under the Bridge : des vêtements d'exception, pièces uniques, mi main, mi machine, entre art et mode.

 

Qu’est-ce qui fait la spécificité d’ESMOD, ses points forts, selon toi ?

ESMO c'est une formation, mais c'est aussi 3ans de notre vie. Les sujets de dossiers demandés, le rythme de rendus exigés, la qualité suggérée… tout cela donne à ESMOD un air de Prépa. Une immersion dans la création et l'exigence. C'est un "cocon" dans lequel on mûrit, plutôt vite. Une très grande quantité d'informations nous y est apportée et la formation en stylisme et modélisme y est complète. En résumé, j'ai eu l'impression d'être sortie d’ESMOD avec le bagage nécessaire pour travailler.

 

Raconte-nous ton parcours professionnel après ESMOD, tes fonctions et responsabilités, passées et actuelles…

En Sortant d'ESMOD, j'ai réalisé mon stage chez JP MONTAIGNE, atelier de confection de pièces en cuir et fourrure pour la haute couture à Paris. J'y suis restée pendant 2 ans, en CDD puis en CDI. J'y étais modéliste-patronnière sous la direction du chef d'atelier. Je m'occupais d'aller en rendez-vous chez nos clients. Je voyais les points techniques avec eux (qualité, cuir, finitions, zip ect..) puis les patronages, prototypages cuir et fourrure et essayages. Nous nous occupions également des pièces uniques de luxe en sur mesure pour les défilés ou clients particuliers (souvent des célébrités) habillés par la marque concernée. Pendant ce temps, je travaillais le soir pour des compagnies de théâtre parisiennes. J'ai choisi de quitter ce poste au bout de 2ans, curieuse et pressée de faire avancer mon projet.
 
Aujourd'hui, Les ateliers Under the Bridge existent. Je suis installée dans mon atelier où je crée des pièces uniques mi main, mi machine, pour la scène,  le cinéma, des robes de mariées et vêtements sur mesure. Je suis également artisan métiers d'art, créant mes propres pièces d'exception. J'ai gagné le Concours Jeunes Créateurs d'Atelier d'Art de France, ce qui m'a amené à aller exposer à Maison&Objet. Cette démarche m'amène à travailler à la limite entre la mode et l'art. 
 
En parallèle, je suis modéliste pour des marques de PAP de luxe, notamment pour Le COURÉGANT (marque d'un ancien élève d'ESMOD) et GABRIEL STUNZ.

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