Interview de Capucine TARON, ancienne étudiante en Fashion Business

Capucine TARON - Promo 2010

Chef de Produit Accessoires, en charge du développement des collections Chaussures JEAN-PAUL GAULTIER

Quel a été ton parcours avant d’intégrer l’ISEM ? As-tu toujours eu en tête de travailler dans la mode ?

J’ai eu une scolarité plutôt classique, j’ai été au collège et lycée Blanche de Castille au Chesnay et ai fait un BAC ES option Anglais. Très tôt j’ai ressenti un attrait pour la mode. Quand j’allais voir ma grand-mère maternelle il y avait toujours le Figaro Madame du week-end qui traînait sur la table basse. Curieuse je le feuilletais à chaque fois que j’allais lui rendre visite, ne serait-ce que pour lire la bd des triplés que j’aimais beaucoup. Le premier stage en 3ème arrivant à grand pas il fut une évidence pour moi de le faire dans une entreprise de mode. Dans ma famille personne n’est du milieu. Pourtant avec un peu de sincérité et de spontanéité j’ai su exprimer à mon entourage quotidien mon intérêt certain pour le produit. Dès lors j’ai effectué d’excellents stages dans de prestigieuses maisons de couture (Chloé, Givenchy, Vermont) à partir de 14 ans avant de passer le BAC.

 
Revenons sur ta scolarité à l’ISEM : Quel genre d’élève étais-tu ? Quels sont tes meilleurs (ou pires) souvenirs ?

J’étais une élève attentive, sérieuse, investie. J’étais forte en travaux de groupe, j’aimais être en équipe, échanger et construire un projet. Je m’aperçois avec le recul que j’étais souvent la “meneuse”, celle qui relançait les camarades pour avoir leur partie et finalisait les présentations orales et écrites. J’ai toujours été meilleure en Atelier, dossier marketing et analyses terrains qu’en cours théoriques. Mes meilleurs souvenirs sont les moments intenses passés avec mon cher binôme de classe Jonathan Baziz (major de la Promo 2010, ndlr). Les fous rire nerveux tard le soir parce que on était épuisés et qu’il fallait rendre une présentation le lendemain. Nous avions une capacité à improviser nos oraux, sans fiches, que du visuel et de l’analyse. Cela rendait nos présentations dynamiques et interactives. J’ai toujours détesté présenter les “historiques”’ je préférais parler de la “clé de voûte”.  Christine Le Bugle a aussi beaucoup marqué ma scolarité à l’ISEM, ses cours de stratégie de distributions sont fameux. C’est une femme tant passionnante qu’exigeante, et pour cela je la respecte beaucoup.
Je ne sais pas si j’ai véritablement de mauvais souvenirs. Il y a eu des moments difficiles, particulièrement la deuxième année, et aussi le rendu du mémoire. Il y a eu de grosses déceptions par rapport à l’investissement donné pour un projet, mais de là à parler de pires souvenirs, non, je ne crois pas.
 
 

Qu’est-ce qui fait la spécificité de l’ISEM selon toi ?

Le sujet de la “mode” y est traité dans tous ses sens, toutes ses segmentations, et toutes les filières que cela implique: prêt à porter, lingerie, accessoires, décoration, cosmétiques, homme, femme, enfant, seniors etc… . Les professeurs sont eux même des professionnels qui nous forment véritablement à être opérationnels à la sortie de l’école. Les cours sont concrets et toujours illustrés d’exemples actuels. Les cours théoriques sont  souvent accompagnés d’Atelier, travaux d’équipe, étude de terrain, stages, pour capitaliser ce que l’on vient d’apprendre. L’intérêt étant de s’impliquer dans chaque projet et ne pas se reposer sur ses camarades. En effet dans ce cas on peut avoir de bonnes notes sans forcément les mériter. En cela l’Isem est une bonne école que je recommande à des étudiants passionnés qui sont prêts à vite être opérationnel pour travailler.

 
Raconte-nous ton parcours professionnel après l’ISEM, tes fonctions et responsabilités…

En fin de troisième année nous devions effectuer un stage de 6 à 8 mois. Pour moi l’enjeu était majeur car ce stage nous spécialisait vraiment vers un type de produit ou métier. J’ai donc mis 4 mois à trouver le stage qui me correspondait, que je sentais bien. J’ai été très exigeante et ai pris le temps de choisir mon stage de façon stratégique. C’est donc dans la maison JEAN-PAUL GAULTIER que j’ai trouvé ma place en avril 2010 en tant qu’assistante chef de produit accessoires maroquinerie. Le stage correspondait parfaitement à mes attentes : renommée internationale, créateur, luxe, couture et maroquinerie (sac, PM, ceintures, corset, chaussures).  En septembre, la chef de produit “senior” de l’époque se fait débaucher et n’est pas remplacée. Nous nous retrouvons alors plus que deux au développement. En janvier 2011 j’ai été embauchée en CDI, prenant la place de l’assistante et l’assistante passant chef de produit “junior”, j’étais si heureuse ! En Octobre 2012 mon évolution continue, et profite de la réorganisation du département Accessoires pour que l’on me propose le poste de chef de produit. Je suis alors en charge du développement des collections Chaussures JPG, dans le cadre d’une licence, et travaille au côté du licencié PRISCO. Cela consiste à faire le lien entre JPG et les fabricants : salons/recherches matières, développements spécifiques, lancements de proto, commentaires proto, construction de collections, mises au point techniques, lancements de production, commentaires têtes de série, etc.
 
 

Quelles sont les qualités requises pour exercer tes fonctions actuelles ?

Les qualités requises pour faire ce métier sont évidemment la passion, la sensibilité produit, la curiosité, l’organisation, la technicité, le sens de la communication et du relationnel.
 

Un petit mot de ton univers, tes créateurs préférés, tes coups de cœur récents (boutique, concept, évènement…)

Mes meilleures sources d’inspiration sont ma mère et ma grand-mère, femmes de très bon goût, élégantes, raffinées, et sachant se démarquer. Je pioche beaucoup dans le vestiaire de ma mère au style très marqué années 80. Je détourne les pièces, les ” accessoirise” de jolies ceintures en cuir, sac à main, etc. J’aime le cuir son odeur, son toucher, donc si je devais choisir des maisons je dirais Hermès pour le raffinement, l’exception, le cuir, l’équitation, la tradition et l’intemporalité ; Gaultier pour les corsets, la couture, les années 80 et le côté parfois complètement déjanté ; Kenzo, depuis que les fondateurs d’Opening Ceremony en ont repris la direction artistique, je trouve les modèles originaux, audacieux, jeune et très trendy ; et Céline devenue féminin, mode, extrêmement désirable (accessoires superbes!). Pour autant j’aime beaucoup les créateurs tel que Dries Van Noten, Comme des Garçons, et Carven, à un autre niveau.
Petite boutique rigolote qui vient d’ouvrir à côté de Isem rue d’Aboukir et que je recommande aux curieux des chaussures : ADIEU.
En dehors de mon métier j’aime beaucoup la photo et les magazines. Dernièrement j’ai vu l’exposition de Manuel Alvaroz Bravo au jeu de Paume, courte mais dépaysante. Je suis beaucoup aussi l’équipe d’Irène Erotic Fanzine dont les photos sont subtiles, délicates, artistique avec une interprétation nouvelle du corps et de ses formes.

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